LA FORMATION, UN DROIT POUR TOUS
Quel que soit votre statut, que vous soyez salarié en contrat à durée indéterminée (CDI), en contrat à durée déterminée (CDD), intérimaire ou demandeur d’emploi… vous pouvez demander une aide financière pour vous former.
La formation, inégalitaire et inefficace ?
Alors qu’une mission sénatoriale planche sur l’efficacité du système de la formation professionnelle, une note de veille du CAS (Centre d’analyse stratégique) émet de vives critiques sur le même thème. En cause : de faibles résultats et une gestion opaque.
Un système confus. Multiplications des acteurs, décentralisation de la formation, utilisation des 24 milliards d’euros dépensés chaque année… la formation professionnelle est une nouvelle fois sur la sellette.
« État, régions, entreprises, partenaires sociaux, individus sont autant d’acteurs d’un système fragmenté entre statuts (public, privé, paritaire) et échelons territoriaux – du centre au micro-territoire de projet. À bien des égards, la territorialisation des politiques d’emploi et de formation a encore complexifié le paysage en multipliant les instances de régulation paritaires et tripartites. La séparation des compétences entre État (l’emploi) et régions (la formation) d’une part, le défaut de coordination entre financeurs de l’autre, renforcent le cloisonnement du régime selon les différents publics en fonction de leurs statuts (salariés en poste, jeunes débutants, chômeurs indemnisés, et non indemnisés). »
Inégalité d’accès. Autre dysfonctionnement : « La formation professionnelle profite en premier aux individus les plus diplômés, au détriment des moins qualifiés. Le système est incapable de jouer son rôle de promotion sociale » assène le CAS. Rien de neuf, donc, y compris côté entreprises. « Elles concentrent leurs efforts sur les cadres, dont elles pensent attendre un meilleur retour sur investissement ». 46 % des salariés formés en 2002 étaient des cadres, contre 28,5 % d’employés, et 15 % d’ouvriers non qualifiés. Une inégalité qui touche aussi les chômeurs : en 2004, seuls 14,7 % des demandeurs d’emploi ont bénéficié d’une formation, dont 31,7 % de titulaires d’un bac + 5. Quant au résultat, en matière d’insertion ou de carrière, ils sont jugés « maigres et incertains ». « L’extrême complexité du système de reconnaissance des compétences et des qualifications tient quant à elle à la variété des acteurs habilités à délivrer des titres (État, organismes de formation, chambres consulaires et branches), et à la fragmentation poussée des champs conventionnels. À l’exception de celles des ministères, les certifications ne font pas l’objet d’une inscription systématique au Répertoire national des compétences professionnelles, limitant ainsi la transparence de l’offre de titres et avec elle la fluidité du marché du travail. La reconnaissance des certifications de branche dans les classifications est elle aussi loin d’être assurée : la plupart des titres obtenus n’ont d’effet ni sur les salaires ni sur les classifications. »
Elargir le CIF et le DIF. Pour que la formation profite aux actifs les moins qualifiés, le CAS recommande la transférabilité du DIF (Droit individuel à la formation) entre entreprises, entre branches mais aussi quand les personnes se retrouvent au chômage, ainsi qu’un abondement du CIF (Congé individuel de formation) par les fonds publics. « L’ampleur du déficit en diplôme et qualification dont souffre encore une part importante des actifs en France appelle un appui particulier aux parcours qualifiants de plus longue durée, que le dispositif de Congé individuel de formation (CIF) n’assure encore que très incomplètement (40 000 bénéficiaires en 2005, dont 33 000 visant une certification). L’extension significative du CIF mériterait d’être encouragée par un abondement des fonds publics et de meilleures garanties quant à la reconnaissance des nouvelles qualifications qu’il permet d’obtenir. »
Reste à savoir si cette fois ces préconisations seront suivies d’effet…
Lydie Colders
Juin 2007
Source generation-formation.fr




Une autre analyse sur le même sujet :
Le débat public relatif à la formation professionnelle continue prend aujourd’hui en France un tour paradoxal. Jamais les attentes à son égard n’ont semblé aussi fortes : elle est tout à la fois censée protéger les personnes en rendant leurs parcours professionnels plus sûrs, procurer aux entreprises les bénéfices d’un véritable investissement productif, jouer pour la collectivité comme un facteur clé d’attractivité des territoires et de compétitivité globale.
Pourtant, les critiques à l’égard du système se font toujours plus sévères, jusqu’à remettre en cause les fondements d’une architecture qui a récemment été réformée par l’accord unanime des partenaires sociaux (accord interprofessionnel de 2003 repris par la loi du 4 mai 2004).
A quoi sert la formation continue ? Cette note du Centre d’analyse stratégique propose d’apporter quelques réponses aux critiques dont notre régime de formation professionnelle continue fait l’objet, en prenant en compte la spécificité des usages de la formation professionnelle des actifs, ancrés dans les relations de travail et d’emploi.
L’analyse traditionnelle des effets de la FPC en termes de capital humain aboutit à des conclusions sévères : mauvais rendements et inégalité d’accès.
La territorialisation des politiques d’emploi et de formation a encore complexifié le paysage en multipliant les instances de régulation paritaires et tripartites. La séparation des compétences entre État (l’emploi) et régions (la formation) d’une part, le défaut de coordination entre financeurs de l’autre, renforcent le cloisonnement du régime selon les différents publics en fonction de leurs statuts (salariés en poste, jeunes débutants, chômeurs indemnisés, et non indemnisés). Selon le CAS un « saut dans la déconcentration, sinon la décentralisation de l’action pour l’emploi à l’échelon régional paraît une étape nécessaire. Enfin, une plus grande fongibilité des fonds paritaires mutualisés paraît nécessaire au déploiement de politiques territoriales concertées de l’emploi et des compétences. »
L’extrême complexité du système de reconnaissance des compétences et des qualifications tient quant à elle à la variété des acteurs habilités à délivrer des titres (État, organismes de formation, chambres consulaires et branches), et à la fragmentation poussée des champs conventionnels. Selon le CAS, la réforme gagnerait à être prolongée en étendant et renforçant la transférabilité du DIF entre entreprises, entre branches et dans le cadre des transitions par des périodes de chômage.
Enfin, le CAS préconise de renforcer l’articulation entre la formation et l’emploi par la formation en alternance qui est davantage en adéquation avec l’évolution actuelle des processus d’insertion sur le marché du travail.
Source : Alfacentre
Commentaire par Modérateur — 6 juillet 2007 @ 11:39